Piège en Haute Mer
Faut pas croire l'affiche, en vrai ça s'appelle bien
"Piège en Haute Mer"
Piège en Haute Mer* brièvement :
Durée : 103 minutes
Année : 1992
Réalisateur : Andrew Davis
Avec : Steven Seagal, Tommy Lee Jones, un Micro-Ondes, une
Poutrelle,
des Effets Spéciaux
Le début du film
I Le tout début du film :
Au tout
début du film, il y a le générique.
II La suite du tout début du film, avec des
méchants
partout
Pour
ne pas
perdre de temps inutilement, je vous résume le scénario
grâce au programme télé : Alors qu’il devait
tranquillement se faire désarmer, un bateau est sauvagement pris
en otage par des méchants venus en hélicoptère et
déguisés en groupe de rock, prétextant faire une
surprise au commandant pour son anniversaire. En fait ce n’est pas tant
une surprise que ça car le commandant en second du navire est un
méchant aussi, donc ce serait dans le meilleur des cas une
surprise minutieusement préparée.
Je n’appelle pas
les méchants des méchants sous prétexte qu’ils se
seraient déguisés en méchants rockers (non, pas en
death métalleux ou un truc dans ce genre), mais parce qu’il y a
non pas un, mais deux super méchants :
- En premier, le
méchant rocker, répondant au doux nom de William Strannix
(je ne vois pas ce qui vous gêne dans son nom de famille, hormis
le fait que très peu de gens dans le monde portent le
même. Mais bon, un méchant ça a le nom qu’il
mérite. Et avec un « x » à la fin, cela fait
tout de suite penser à des grands noms de la
méchanceté tels le Docteur X d’Action Man, Députax
le méchant candidat à l’assemblée nationale,
Philofax, Gérard Majax, Durex, Tampax, j’en passe et des encore
plus méchants…) veut (elle était longue cette
parenthèse hein ?) se venger de ses anciens collègues de
la CIA qui ont voulu le liquider. Dans le film il est
déguisé en clone de Mick Jagger. Ah, accessoirement, il
veut vendre des missiles à d’autres méchants.
Il a vraiment l'air méchant
-
Deuxièmement, le méchant commandant en second, le
Commandant Krill (comme le crustacé dont se nourrissent les
baleines… quand je vous dit qu’un méchant a le nom qu’il
mérite). Lui il veut surtout vendre les missiles. Il ne
ressemble à rien, comme ça vous ne pouvez pas le rater.
Mais pourquoi est-il aussi méchant ?
Ils
sont bien
évidemment accompagnés de leurs sbires, mais qui fort
heureusement ne sont pas aussi méchants que les deux grands
méchants.
III "Sortez mes gâteaux du four…"
Tout
ce petit monde de méchants prend le contrôle du
croiseur, et enferme les pauvres matelots dans la cale. Tous les
matelots, sauf deux : le cuistot, et un soldat qui garde le-dit cuistot
bouclé dans la chambre froide de sa cuisine. Oublions dors et
déjà le garde chiourme qui va bientôt se faire
tuer, et concentrons nous sur le cuisinier. Lui, c’est Casey Ryback,
alias Steven Seagal dans la vrai vie…. Forcément maintenant que
j’ai dit que c’était Steven Seagal, je n’ai plus grand chose
à rajouter. Pour être bref, on va dire que c’est un ancien
commando d’élite devenu cuisinier.
Lui il est gentil, ça se voit
Les
deux grands
méchants découvrent sur un fichier la vraie
identité du cuistot, et le moins que l’on puisse dire c’est que
ça va leur foutre les jetons sévère ! Après
mure réflexion, ils envoient deux petits méchants pour
tuer Ryback. Ces vauriens tuent le matelot qui gardait la chambre
froide, tuent la porte de la chambre froide, et par la même
occasion libèrent super-commando ! Et comme tout cuisinier qui
se respecte est équipé d’un couteau de cuisine, Ryback a
tôt fait d’égorger les deux vilains.
À ce
moment, le faux cuisinier ne sait pas encore de quoi il retourne. Par
contre, il est certain d’une chose : par la faute d’un méchant,
son flan au pruneaux a brûlé. Ce méchant
mérite une punition exemplaire ! Et oui, c’est comme ça ,
il ne faut pas ruiner le menu d’un maître queux psychopathe.
IV Ze killer micro-ondes
Et le
cordon-bleu-ceinture-noire a déjà une idée
lumineuse : grâce à des bombes aérosol, il
transforme le micro-ondes de la cuisine en bombe à retardement.
Vous allez dire « Oui mais comment règle-t-il la minuterie
du micro-ondes ? ». Hé bien figurez vous que Ryback est le
héros du film, et que son statu de héros lui permet de
faire des tas de choses marrantes. Alors ne posez pas de questions de
ce genre et lisez plutôt le paragraphe suivant.
Satisfait de son
piège diabolique, Ryback va se balader dans les coursives dans
l’espoir de trouver quelques bras à casser (le bon vieux temps
où il était commando, que voulez vous ça lui
manque). Pendant ce temps, les deux grands méchants balisent
grave, ils sont sans nouvelle de leur peloton d’exécution de
porte de chambre froide (aux dernières nouvelles, celle-ci est
bien morte). Du coup Krill descend avec d’autres méchants de
calibre inférieur. Ils arrivent dans la cuisine et après
quelques secondes d’observation (des gens morts, une porte de chambre
froide morte…) le micro-ondes sonne (quand je vous disais qu’il ne
fallait pas s’inquiéter quant au piège, que son plan se
déroulerait sans accro !). Alors que personne ne faisait
attention à ce foutu micro-ondes (qui, au vu de toutes les fois
où j’ai déjà prononcé son nom,
mériterai bien de figurer dans le casting du film), dès
qu’ils entendent la sonnerie, les méchants se jettent tous
à terre (sauf le plus proche d’entre eux qui reçoit des
éclats de verre dans la figure)
Voilà
pour le début du film. Pour résumer, nous avons pleins de
méchants sur un gros bateau de guerre et qui ont vachement peur
parce que le gentil, un cuisinier ninja qui se bat avec des ustensiles
de cuisine, rôde dans les couloirs, bien décidé
à venger ses tartelettes aux fraises.
La suite du film
V Et la tendresse bordel ?
Effectivement,
depuis le début du film, il n’y a pas eu beaucoup de morts.
Effectivement, le téléspectateur moyen aurait tendance
à zapper après la première demi-heure. Mais
c’était sans compter sur l’ingéniosité du
réalisateur…
Nous retrouvons
notre Ryback bien aimé traînant dans les couloirs du
navire, et qui ci tombe sur un artefact incongru : un gâteau
géant, le rêve de tout cuisinier. S’imaginant une
réplique des pas beaux après le fabuleux coup du
micro-ondes, il s’approche lentement, tout en se demandant quelle est
la meilleure façon de casser le bras d’une pâtisserie
géante. Et jaillit alors du gâteau L’IDEE du
réalisateur, celle qui va scotcher les gens devant leur
écran : Erika Eleniak les
seins à l’air ! et qui commence
son show sous le regard décidément énigmatique de
monsieur Seagal qui doit à ce moment là faire un
énorme effort de mémoire pour se souvenir du script
(est-ce que je dois lui casser un bras à celle là ?).
Se souvenant
d’un seul coup que c’est la gentille du film, il décide, pour
son bien à elle, de l’enfermer dans un casier (elle pleure
qu’elle ne veut pas se battre), puis l’en extrait immédiatement
(elle pleure qu’elle ne veut pas rester toute seule). Pour le coup,
Ryback doit vraiment avoir envie de lui casser quelque chose («Tu
m’casses les burnes connasse !»), mais fait très bien
semblant de se retenir. La preuve, il se retrouve pendant la
scène suivante à lui expliquer le plus aimablement
possible le fonctionnement d’un M16.
VI De l’action en bref car très rapide
Ryback
et la
blondasse se séparent. Le commando cuistot va faire du
repérage et tuer quelques méchants tandis que la fille se
fait déjà enlever (elle a bien appris son rôle). Le
héros tombe sur le groupe de 5 margoulins qui a rapté la
blonde. Ses réflexes de commandos reprennent le dessus : il tue
les 5 méchants avant qu’ils ne puissent riposter. C’est fort,
mais bon c’est lui le héros, je vous l’avais dit (je vous ai vu
vous lever dans le fond, non la connasse n’est pas morte).
Après ce
court intermède, l’ex-commando se dit qu’il serait temps de
contrecarrer les plans des méchants. En effet, ceux-ci sont en
train de charger des missiles de croisière dans un sous-marin.
Que faire ? Fastoche : descendre en rappel la coque du bateau, poser
une charge explosive contre l’aileron du submersible, et remonter
tranquillement sur le pont, tout cela devant tout le monde. Le plan se
déroule sans incidents (descente en rappel, mitraillage par les
méchants qui ont semble-t-il juré qu’ils tueraient
l’océan avant la fin du film, sabotage, remontée).
Sauf qu’à
la fin de son plan, il manque l’étape "se planquer une fois
remonté" car il est repéré par un méchant.
Ce dernier n’a pas le temps de tuer Ryback (enfin si, il aurait eu le
temps s’il n’avait pas engagé la conversation) qu’il est
fusillé par … tada ! oui, par la bonasse de service. Je vous
rassure, elle ne servira plus beaucoup pendant le reste du film.
VII Des millions de copains…
Ouf,
les projets
des vilains pas beaux sont retardés. Maintenant, il est temps
pour les gentils de s’attaquer aux grands méchants. Sauf qu’il y
a encore des centaines de sous-fifres en liberté sur le
croiseur, et que Ryback est seul (je vous rappelle que contrairement
à ce que vous venez de lire, la blonde ne veut pas se battre).
Il lui faut des alliés.
Et la production
a pensé à lui. Planqués dans une sale, des autres
gentils ! Et attention, il y a du choix : un asiatique, un noir, un
hispano, un vieux, et même un type qui ne veut pas se bagarrer
(disons le, une tapette) ! Ouah, un melting-pot d’enfer. C’est beau,
c’est immense, c’est vachement patriotique.
Mais pendant ce
temps, Strannix avoue qu’il est malade (extrait du film «- Krill
: Strannix, vous êtes un malade ! – Strannix : Oui ! »), et
veut à son tour ralentir le grand chef et ses apprentis
cuisiniers. Il veut inonder la cale où se trouvent les otages !
Alors que ses potes s’affolent, Ryback reste serein et décide
d’aller sauver les pauvres types.
Regardons l'effet de Steven Segal sur votre organisme
Sauf
que c’est
un piège. Il y a des milliers de méchants dans les
couloirs, et le gentil noir se fait tirer dessus ( ah, heureusement
qu’il est là lui, sinon les méchants n’auraient
touché personne de tout le film ). La tentative des pas gentils
échoue lamentablement, 745 d’entre eux restent sur le carreau
à la fin de la scène, dont un de façon fort
intéressante…
VIII La poutrelle !
Gédimat, désormais sponsor officiel de Steven
Seagal
En
effet,
imaginez que les gentils déboulent sur des genres
d’échafaudages, tout en haut, en faisant du bruit et tout. Et
imaginez qu’il y a un méchant tout en bas. Le méchant
à peur, regarde dans tous les sens, mais surtout pas en haut. Ah
non. Faut pas tuer le suspens non plus. Ah j’oubliai, tout ce petit
monde est équipé d’armes aux munitions infinies. Et
dernier détail : une poutrelle est suspendue au plafond, c’est
à dire qu’elle pendouille sous le nez des gentils.
Franchement,
ça serait pas plus facile de tuer le méchant à
grands renforts de rafales d’armes automatiques ? Ou de continuer son
chemin puisque de toutes façons il ne verra pas le groupe juste
au dessus de lui ? Hé ben non.
Autant casser le
suspens tout de suite, le méchant meurt écrasé,
non, littéralement transpercé par la fameuse poutrelle.
Ça paraît simple, mais en fait cette géniale
manipulation nécessitait de sérieuses connaissances en
physique, en mathématiques, en spatio-temporalité
momentanée, en littérature moldave, ainsi qu’en cuisine
(là, pas de problèmes, c’est le job de Ryback). Non mais
réfléchissez un peu : deviner la résistance du
filin retenant la poutrelle, le couper avec un couteau de cuisine
(c’est un filin assez costaud tout de même, mais Ryback a un
Ginsu 2000, vous savez, le couteau qui coupe même les semelles au
cas où vous auriez envie de vous mitonner un ragoût de
chaussure) juste quand le méchant passe en dessous, et anticiper
la réaction du vilain, c’est à dire qu’il n’allait pas se
contenter de recevoir le funeste matériau de construction sur le
sommet du crane, mais qu’il allait bien se pencher en arrière
pour se faire transpercer le ventre. Du grand art pour rentabiliser de
gros moyens financiers.
Du matériel de professionnel
La fin du film
IX La mort du sous-marin, puis une dernière fusillade
pour la
forme
Que
reste-t-il
à faire ? A oui, le sous-marin, qui est en train de se barrer
tranquillement avec à son bord Krill, qui jubile, et les
missiles. Mais les gentils ont plus d’un tour dans leur sac.
Et puis, quel
meilleur moyen pour couler un sous-marin que de le pilonner à
l’aide d’un pièce d’artillerie ? Ça tombe bien, ils sont
à bord d’un croiseur, donc ils n’ont que l’embarras du choix en
matière de canon. Et pour le coup, ce sont les copain de Ryback
qui s’y collent. Oui faut pas exagérer, il ne peut pas tout
faire. Il prépare la tambouille et fait tomber des poutrelles
sur les gens, c’est déjà pas mal.
Le premier obus
tombe non loin du submersible. Il fallait le prévoir, le tir n’a
pas été paramétré par Steven. D’ailleurs,
ce dernier jette un regard qui en dit long vers ses copains (son
regard habituel : ratez le encore une fois et je vous casse un bras).
Mais rassurez vous, il n’aura pas l’occasion de malmener ses copains,
puisque le deuxième tir fera mouche. Vous vous en doutiez de
toutes façons. Et ils en profiteront pour assourdir Strannix,
qui était nonchalamment venu cueillir des champignons à
proximité de la batterie. Bah oui, comment expliquer que le
méchant principal du film se balade tranquillement sur le pont
du navire, sans gardes ?
La vengeance de
Strannix est terrible : il lance deux missiles sur Honolulu ! Oui,
c’est toujours plus tragique de vouloir ravager Honolulu plutôt
que Lima, question de classe.
Les gentils
doivent dès lors arrêter Strannix ( logique ). Ce qui
permet au réalisateur de placer une dernière scène
de grabuge avec des méchants qui meurent par douzaines. Ryback
en profite pour atteindre seul le poste de commandement.
X Le duel final, tatata taaaa !
Voici
enfin le
duel tant attendu entre un ancien des services secrets et un ancien
commando. Alléchante cette affiche, n’est-ce pas ? Oui parce que
le moins que l’on puisse dire c’est que jusqu’à présent
on n’a pas vraiment eu droit à des combats égaux. Donc on
est en droit d’attendre plein de belles choses pour le dernier
affrontement. Voyons voir…
Dès le
début, Ryback se fait avoir comme un bleu et se retrouve
désarmé. Mais ensuite il parvient à
désarmer Strannix ( quel suspens ). On a alors droit à un
combat au couteau de cuisine ( ouais, génial ! ) qui tourne
très vite à l’avantage du héros ( disons au bout
de 30 à 45 secondes de pugilat, oui c’est assez court finalement
) qui va d’abord tuer Strannix en lui plantant les doigts dans les yeux
( ouille ), puis qui va le tuer en lui plantant son couteau dans le
crane ( aïe ), et qui le tuera enfin en le projetant dans un
écran radar, ce qui aura pour effet de faire disjoncter le
méchant.
Ah oui, il reste
les missiles, qui sont maintenant à des milliers de
kilomètres du bateau. L’un d’eux se fait intercepter par un
chasseur. Reste le deuxième. Et là c’est encore plus fort
puisqu’il sera détruit du croiseur via le signal
d’autodestruction. A des milliers de kilomètres de distance…
ça, même James Bond n’aurai pas pu le faire.
Casey Ryback m’a sauvé la vie
* Ah oui, détail important, j’ai regardé
ce film une
seule fois, à moitié, et y’a pas mal de temps. Alors
n’allez pas vous plaindre que je respecte pas le scénario ni
l’action, je vous livre ce dont je me souviens de façon brute.
MerdiKator