Beowulf
Christophe Lambert : bien plus qu'un acteur.
Beowulf brièvement :
Durée : 99 minutes
Année : 1999 (sorti le 24 avril)
Réalisateur : Graham Baker
Avec : Christophe Lambert, Roger Sloman, Götz Otto, Rhona
Mitra, Oliver Cotton
Beowulf : comme Highlander mais en fait non
Beowulf se place dans un futur très très lointain.
Il y a
eu des tas de catastrophes et de cataclysmes, et maintenant la
lumière du soleil est masquée par l'obscurité.
C'est pas très rationnellement expliqué, on sait pas trop
comment c'est arrivé, c'est flou, ça le restera de toute
façon. Beowulf est une oeuvre mythique et révolutionnaire
qui propose qu'on en cherche soi-même sa propre
interprétation. Un peu comme En attendant Godot de
Samuel
Beckett, mais en moins accessible. On peut tout de même essayer
de résumer l'histoire :
I L'histoire
Un
château est assiégé par une bande de sauvages
loubards barbares du futur. (Il est à noter que Beowulf
respecte
particulièrement les règles du
film du futur
post-apocalyptique, en plaçant en plus le film dans un
univers
médiéval-techno). Les loubards pensent juste prendre du
bon temps en assiégeant un château, comme ça, que
voulez-vous, y a plus de bistrots dans ce futur. Mais ils ne se doutent
pas qu'ils empêchent les occupants du château
d'éviter une terrible menace : une créature monstrueuse
et invincible qui frappe pendant la nuit et disparaît à
l'aube. Au moment où le film débute, donc, ils
s'apprêtent à sacrifier une jeune femme (ne dites rien,
c'est comme ça et puis c'est tout).
Heureusement,
Christophe Lambert arrive, il récupère la jeune femme,
force le siège et arrive dans le château. Et en à
peine 3 minutes il nous montre à quel point il est fort, rapide,
largement plus balèze que les autres, et peut donc se la
péter, même avec un strabisme convergent. Il nous montre
surtout que la musique (de la techno-bourrine de base) est
innommablement déplacée. Il pénètre dans le
château.
Christophe Lambert dans Beowulf
Un mot : surpuissant
Dans
le château, plusieurs nuits d'angoisse ; la créature tue
des gens, puis disparaît. Tue des gens, puis disparaît. Tue
des gens, est entr' aperçue, puis disparaît. Pendant tout
ce temps, Christophe Lambert roule des mécaniques parce qu'il
sait, lui, que quand il va rencontrer la créature, ça va
tataner sévère. Christophe Lambert rencontre la
créature, se fait écharper, mais revient, parce que lui,
hé, il est immortel, pas comme les autres gays. Et quand il
affronte la créature à nouveau il lui met sa race
méchant. Il doit bien y avoir des complications de l'histoire
avec la princesse qui doit tomber amoureuse de Christophe (non, pas
celui-là, Lambert, suivez un
peu !), mais c'est
déjà un exploit d'être resté
éveillé assez longtemps pour rapporter ce luxe de
détails de l'histoire. Enfin, conclusion, Christophe Lambert
s'en va, pendant que dans le fond le château explose d'une
façon ridicule et incongrue pour une raison que l'on ignore. On
peut enfin aller se coucher. Ou regarder un
bon film.
II Le film
Concernant Christophe Lambert, tout va pour le mieux pour lui. Il a les
cheveux blond platine et l'oeil torve (signe de bonne santé chez
lui), et son jeu subtil de froncements de sourcils lui permet de
souligner la complexité du personnage qu'il incarne. Lorsqu'il
serre les dents, il parvient même à nous faire oublier un
instant l'inégalable interprétation de Lassie dans
Lassie, chien fidèle.
Beowulf, la part belle à l'émotion
Les acteurs,
scénario, décors, costumes, effets spéciaux, jeux
d'éclairages, accessoires, dialogues, prises de son,
maquillages, figurants et musiques de Beowulf, sont, comme tout
comme
le reste, particuliers.
En effet, les acteurs, brillants, se montrent
aussi expressifs qu'un pot de crême fraîche, tandis que le
scénario, malin, joue avec le spectateur en lui faisant deviner
toute l'intrigue 40 bonnes minutes à l'avance. Les
décors, grandioses, ont semblent-ils été
réalisés de main de maître par les
élèves de l'école maternelle Guy Drut de Bondy, et
donnent malicieusement l'impression de se répéter en
permanence. Les accessoires, quant à eux, participent à
l'ambiance générale de l'univers, en lui donnant la
cohérence du discours d'Isabelle Alonso. La musique s'ajoute
discrètement par-dessus tout cela pour souligner le fait que
l'on n'est pas dans un Rohmer.
Les effets
spéciaux méritent qu'on leur consacre un paragraphe
entier tant ils sont surprenants.
La créature,
réalisée en images de synthèse est tellement bien
réalisée que pour qu'elle ne dénote pas dans le
reste du film, elle est en permanence cachée par un filtre
violet flou qui ressemble à un tas d'artefacts de compression de
jpg. L'effet passablement esthétique rajoute une dimension
mystérieuse à la créature et lui permet en plus de
mieux s'intégrer dans le film. Du grand art. Mérite aussi
d'être citée dans la catégorie des effets
spéciaux qui resteront dans l'histoire, l'explosion finale du
château, citée précédemment, qui
réussit l'exploit de donner l'impression d'avoir
été réalisée en légos et
mako-moulages bien qu'entièrement numérique.
La créature de Beowulf. Y a plus le flou moche mais
à ce moment-là je dormais
En bref,
donc, Beowulf est un film qu'il convient de ne pas rater, tout
comme
les chefs-d'oeuvre que sont Fortress 2 : Reincarceration, Highlander
:
Endgame, Vercingétorix : la légende du druide roi
ou
Citizen Kane.
Choucroute