American Samouraï

Réalisé par Sam Firstenberg

Avec : David Bradley, Mark Dacascos

Durée : 86 minutes

Prix d’achat conseillé : 1 €


I L’Histoire avec un grand H


Il était une fois une famille d’Américains survolant la jungle japonaise. Tout à coup, leur avion subit une avarie et s’écrase. Seul l’enfant échappe à la mort. Mais comme la vie est malgré tout bien faite, il est recueilli par un vieux sage japonais, qui décide de l’élever comme son fils bien qu’il en ait déjà un, de fils.


Les années passent. Le vieux sage japonais apprend au jeune Drew Collins (c’est le nom du gosse américain ; j’aurais pu le dire dès le premier paragraphe mais je ménageais le suspense) à devenir un vrai samouraï. Il lui enseigne l’art du combat, ainsi qu’à se servir de son sixième sens.


Oui, vous avez déjà un problème : qu’est-ce que le sixième sens ? Hé bien, c’est un don réservé aux samouraïs aguerris. Ca ne vous avance pas ? Pour faire archi-résumé, on peut dire que c’est le samouraï qui a le plus gros sixième sens qui gagne à la fin du film. Bah oui, le petit vieux allait pas se casser le tronc à apprendre un truc inutile à son élève. Si on en parle dès le début du film, c’est forcément que c’est important pour la suite. Réfléchissez un peu.


Les années passent encore (dans le film elles passent très vite, mais d’un autre côté ils ne perdent pas leur temps à essayer d’expliquer à des néophytes ce qu’est le sixième sens). C’est l’heure pour le papy japonais de désigner qui de ses deux fils est le plus digne de recevoir son katana personnel. D’un côté, on a l’enfant américain, qui est devenu un magnifique David Bradley (c’est toujours Drew Collins, mais joué par David Bradley hein). De l’autre, il y a Kenjiro (le sublime Mark Dacascos), son fils naturel aux yeux globuleux. Mais là, coup de théâtre : le petit vieux remet son katana à Drew ! Kenjiro, pas content, révèle à son père qu’il est devenu un yakuza , se coupe un doigt de rage (enfin c’est aussi une pratique chez les yakuzas, mais à vrai dire je doute qu’il ait bien réfléchi avant) et menace son demi-frère : il fera tout pour récupérer le sabre !


Le veux est triste, il vient de flinguer sa belle famille. Drew ne dit rien ; son sixième sens lui conseille de la boucler. Ah oui, en parlant du sabre : comme par hasard, c’est l’un des meilleurs du monde. D’après la légende, il est tellement bien qu’il permet même de découper des armoires normandes en diagonale.



"Non, s’il-vous-plaît, je ne veux pas tourner dans American Samouraï !"


II Un deuxième chapitre pour aérer le texte


Le temps passe encore. Drew est retourné aux Etats-Unis, il est devenu reporter (sans doute grâce à son sixième sens). Et comme il a bon goût, il a exposé son sabre dans une vitrine. Bref, vous l’aurez compris : c’est un homme comblé à qui tout réussit, l’archétype même de l’insupportable petit bourgeois parvenu, tout ça parce que monsieur a un diplôme de sixième sens et que ça fait forcément très bien sur un CV.


Ce serait oublier Kenjiro. Une nuit, celui-ci envoie des sbires tuer le gentil Drew et récupérer le katana par la même occasion. Sauf que l’américain avait semble-t-il cette nuit-là réglé son sixième sens sur 2 heures du matin, car il entend les vilains arriver. Pas de doute, il va devoir se battre. Et pas le temps de s’habiller, il faudra faire avec ce magnifique slip orange vif qui lui sied si bien, on dirait qu’il est issu d’une ligne de vêtements réfléchissant dont s’équipent les ouvriers de la DDE sur les chantiers. L’avantage est que l’on pourra suivre ses mouvements dans la pénombre.



"Dites les mecs, vous auriez pas vu mon slip ?"


Drew se retrouve tout seul face à plusieurs méchants, dans l’obscurité, mais il est vraiment très fort et leur casse la figure tous en même temps. Les truands n’arrivent pas à le frapper (je rappelle tout de même que seul le slip du héros est visible dans le noir, et qu’un slip samouraï virevoltant sans arrêt c’est pas facile à toucher). Sauf qu’un de ces vils cambrioleurs finit par en avoir assez de prendre des coups et, encore suffisamment lucide malgré la pâtée qu’il vient de recevoir, tire sur le slip orange avec un pistolet. Mais le slip est pare-balle ! Par contre, Drew est atteint une fois au niveau de ses abdominaux et s’évanouit instantanément (les plaquettes de chocolat doivent être un organe vital pour un samouraï). Les voleurs lui piquent son katana et s’enfuient, laissant notre Apollon du Belvédère en slip pour mort.


Dans le coma, Drew délire sévèrement. Il voit son mentor tout flou qui lui dit "sers toi du sixième sens". Il est marrant le vieux, mais son élève est inerte sur la moquette là. Quoi que… attendez, son bras bouge tout seul ! Il se rapproche de son ventre… Gros plan sur les abdominaux du héros… Et il s’extrait la balle ! Ah oui mais ça on nous l’avait pas dit : son ventre est en caoutchouc ! Et le projectile avait profondément pénétré au moins jusqu’au derme ! Il ne reste plus qu’à mettre une rustine sur le joli orifice tout rond et à nettoyer la sauce tomate pour qu’il n’y paraisse plus. Drew revient de loin, mais son sixième sens l’a sauvé d’une fuite de latex.



People : Quand David Bradley ne tourne pas de film, il joue au golf


Pour récupérer le sabre par contre, ça va être une autre paire de manches. En attendant, l’Américain samouraï va bosser avec sa collègue, une grande rousse. La journée, cette journaliste n’aime pas Drew parce qu’il fait des blagues salaces et lui touche les fesses. Mais la nuit tombée, ils font des galipettes ensemble et elle trouve que, finalement, ce mec est un type génial. Ne craignez rien, c’est aussi ça, le sixième sens. Et il lui explique aussi un peu ses ennuis, en disant que finalement c’est pas sa faute parce qu’il était américain avant de devenir samouraï. Prout à la fin, il a pas fait exprès d’être meilleur que son demi-frère !


III La fin


Un jour, le héros comprend que Kenjiro est en Turquie avec le katana du vieux, alors il embarque sa copine rousse et part en voyage. Là bas, ils se rendent dans un bar tellement mal fréquenté qu’ils y trouvent un sosie de Crocodile Dundee barbu. Ce dernier a des problèmes de compréhension avec les autochtones, et comme il est américain, Drew va essayer de l’aider en tapant sur les méchants figurants turcs (on peut régler plein de problèmes en frappant des gens, on n’y pense jamais assez). Mais c’est un piège, Kenjiro fait capturer la fille rousse, et oblige le gentil à s’inscrire à un tournoi d’arts martiaux avec des armes s’il veut la revoir vivante. Notre samouraï, après un rapide calcul, se dit qu’en participant à ce tournoi il pourrait récupérer ce fichu katana et sa collègue. Donc ni une, ni deux, ni même trois ou quatre, il s’embarque pour cette folle aventure.



Exclusif : on a retrouvé le scénario de American Samouraï


Le tournoi a lieu dans une arène dans une cave avec des gradins autour dans lesquels prennent place des spectateurs qui font des paris sur les matches et aussi à côté il y a un vestiaire qui permet aux concurrents de se changer et d’aller faire pipi entre les combats qui sont des luttes à mort. Seul le dernier survivant gagnera la récompense tellement exceptionnelle qu’on dirait la super cagnotte du Loto, puisque composée cette fois-ci d’une rouquine journaliste qui aime les gros lourds + un katana d’exception ayant appartenu à un vieux maître vivant au fond de la forêt japonaise + un gros paquet de pognon. Kenjiro a filé un katana à Drew pour qu’il puisse participer, et ce dernier se tape la discute avec son ami le clone de Crocodile Dundee, qui participe aussi au tournoi. On apprend ainsi que Crocodile Dundee s’appelle en fait Henderson, qu’il n’a aucun passé et de toute façon aucun futur non plus. C’est donc un personnage au moins aussi développé que la journaliste rousse.


Pour son premier combat, Drew est confronté à un viking. Un vrai viking avec un casque à cornes et une hache géante. Ce concurrent semble invincible, mais notre héros sait qu’il faut prêter attention à chaque détail. Grâce à son sixième sens, il découvre que le point faible du viking sont les cornes qui ornent son casque, et il s’empresse de les trancher. Désemparé, le nordique abandonne. Bien joué Drew, tu connais toutes les astuces concernant les accessoires vestimentaires !



Les vikings, maîtres en tuning de casques


Puis on voit Henderson face à un pirate borgne (comme les vrais pirates, avec un bandeau sur l’œil) qui a l’air très méchant car il grogne beaucoup mais cependant sans prendre l’initiative d’attaquer. Henderson en profite pour l’endormir en imitant le mouvement d’un pendule avec son poignard, puis lance celui-ci dans la jambe de son adversaire. Il achève son concurrent et le combat d’un magnifique crochet au menton. Tant de ruse, il ne peut s’agir que d’un septième sens au moins.


Arrive le second défi de Drew : un grand Allemand en débardeur noir. Le gentil l’emporte (on voit mal comment il pourrait en être autrement si on veut que le film ait une morale à la fin), mais Henderson se fait couper en deux dans le sens vertical par Kenjiro, que ses yeux globuleux protègent de l’hypnose. Kenjiro et Drew se retrouvent en finale. On sent que le scénario n’est pas du tout téléphoné pour ménager un minimum de suspense ! Comme dans Highlander, il ne peut en rester qu’un !



"Mais tout le monde sait que c’est MOI le dernier samouraï !"


Ce duel est avant tout psychologique. En effet Drew est gentil alors que Kenjiro est méchant. L’Américain ne veut pas tuer son frère d’adoption parce qu’il est aussi un peu son frère, le Japonais veut toujours tuer son frère même s’il a déjà le katana tant convoité. Il y a énormément de pression dans l’arène à tel point qu’on en vient se ratatiner dans nos canapés tellement la fatigue intellectuelle se fait ressentir à ce stade du film. Heureusement, le héros a pitié de nos neurones et tranche les pieds de son frère qui n’en est pas tout à fait un et qui veut le tuer pour une affaire de katana qu’il a déjà en sa possession. Drew récupère enfin l’arme, mais au moment de sortir de l’arène, Kenjiro lance un autre katana vers l’américain ! C’est sans compter sur le sixième sens : Drew sent un truc arriver dans son dos, se retourne et d’un coup du super katana, renvoie l’arme de son adversaire dans la tronche de celui ci. Niveau balistique c’est très très fort.


Le gentil a gagné. Il ne lui reste plus qu’à passer à la caisse et à récupérer sa copine. Une fois de plus, les américains ont gagné haut la main !



Parce qu’il le vaut bien


MerdiKator